EcoFlow lance au Royaume-Uni une batterie de 5 kWh vendue moins de 1.600 livres, pensée pour faire tourner le lave-linge. Format réduit et prix cassé : la batterie domestique devient-elle banalisée, comme n’importe quel autre électroménager ?

Le STREAM 5000, en précommande depuis le 21 août 2026, affiche 5 kWh de capacité pour 45 kilos et un encombrement que le fabricant compare à celui d’un bagage cabine, soit, dit-il, 40 % de moins que des systèmes équivalents.
Les chiffres ? 3.000 watts de sortie en courant alternatif, 5.000 watts d’entrée solaire répartis sur quatre régulateurs, indice de protection IP65, 10.000 cycles de charge annoncés, une durée de vie de 15 ans et une garantie de 10 ans. Un mode local, attendu en septembre, permettra un fonctionnement hors ligne, sans dépendre du cloud.
Le prix de lancement est fixé à 1.599 livres, soit environ 1.850 euros au cours actuel. À ce stade, toutefois, la marque ne communique par ailleurs ni prix en euros ni date de disponibilité hors du Royaume-Uni !
L’argument marketing est un argument d’électroménager
Ce qui nous a franchement surpris à la vue de cette nouveauté, c’est le vocabulaire employé qui tranche radicalement avec tout ce que nous avons pu voir jusqu’alors ! La marque ne parle pas d’autonomie énergétique ni de résilience, mais de lave-linge, de sèche-linge et de lave-vaisselle ! « La transition vers une énergie domestique plus intelligente ne devrait pas être réservée aux pionniers », plaide Justin Tilley, responsable pour le Royaume-Uni et l’Europe. Notre traduction (certes assez libre…) : la cible n’est plus le passionné qui bricole son onduleur, c’est le ménage qui compare des prix en ligne !
Sauf qu’un frigo, ça se branche !
C’est là que la comparaison s’arrête. Le STREAM 5000 réclame une installation par un électricien certifié : on est loin du produit qu’on déballe et qu’on branche, à l’image de certaines batteries de balcon. Autrement dit : le format et le tarif se rapprochent du gros électroménager, la pose reste un chantier !
Ce qui est permis en Belgique
Une évolution réglementaire récente va toutefois dans le sens de cette banalisation. Depuis le 17 avril 2025, les panneaux solaires et les batteries plug & play peuvent être utilisés en Belgique, à condition d’être homologués et de figurer sur la liste Synergrid. Un dispositif de coupure automatique en cas de panne du réseau est obligatoire, afin de protéger les techniciens intervenant sur les lignes.
Les formalités varient ensuite selon la région : en Flandre et à Bruxelles, pas d’enregistrement nécessaire avec un compteur numérique en dessous de 800 watts d’onduleur, sinon une déclaration dans les 30 jours ; en Wallonie, l’enregistrement est obligatoire dans tous les cas.
La vraie question reste la rentabilité !
Sur ce point, pas de miracle ! En Wallonie, il n’existe aucune prime directe pour une batterie domestique en 2026, contrairement à la Flandre. Les leviers financiers se limitent à la TVA réduite à 6 % pour les logements de plus de dix ans et aux prêts à taux zéro de type Rénopack.
Le calcul dépend ensuite de paramètres très personnels : la taille de l’installation photovoltaïque, la part de consommation en soirée (quand les panneaux ne produisent plus et que la batterie prend le relais) et la structure tarifaire appliquée par le gestionnaire de réseau. Une batterie ne fait gagner de l’argent qu’à un foyer qui consomme réellement le soir ce qu’il a produit à midi ! Et il y a aussi la rivalité des voitures électriques, dont certaines sont équipées de la technologie bidirectionnelle V2B, capable de renvoyer l’énergie stockée vers un bâtiment.