Le taux auquel l’État belge emprunte vient d’atteindre son plus haut niveau depuis janvier 2012. Quelles conséquences pour votre crédit ? Quelles sont les évolutions possibles ?

Le taux belge à 10 ans a atteint 3,8 %, un niveau plus vu depuis le début de 2012. À l’époque, la zone euro traversait la crise des dettes souveraines… Aujourd’hui, les taux montent partout (Allemagne, France, Pays-Bas, États-Unis, Japon…) et la Belgique n’est pas particulièrement dans le collimateur…
Pourquoi ça monte
L’explication tient en un mot : l’inflation anticipée. S’y ajoute une bascule plus structurelle : la Banque centrale européenne a cessé ses achats massifs de titres publics qui avaient écrasé les taux entre 2014 et 2021. « Les taux zéro, c’est terminé ; nous sommes revenus dans un régime plus inflationniste, dans lequel le loyer de l’argent sera durablement plus élevé», tranche Philippe Ledent, que l’on peut lire dans les colonnes du Soir…
Où en sont les taux hypothécaires ?
Eh bien, ça va sans doute un peu grimper. Une illustration chiffrée ? Sur un emprunt de 250.000 euros sur 25 ans : à 3,83 %, la mensualité s’établit à environ 1.296 euros, pour près de 139.000 euros d’intérêts au total ; à 4,33 % (donc si on imagine que le crédit prend un demi-point), elle passe à environ 1.366 euros, soit 160.000 euros d’intérêts. Un demi-point coûte donc près de 21.000 euros sur la durée du prêt. Vu autrement, à mensualité constante de 1.300 euros, la capacité d’emprunt recule d’environ 250 000 à 238 000 euros. Pour situer l’ampleur du chemin parcouru : au taux de 2021, cette même mensualité finançait plus de 330.000 euros !
Est-ce que ça va encore grimper ?
Difficile à dire, mais il ne faut sans doute pas s’attendre à une brutale explosion…. Mais pas d’illusion non plus sur un retour aux taux planchers : les courtiers eux-mêmes qualifient d’« illusoire » un retour aux 1,30 % de 2021 ! Dans ce contexte, le réflexe belge du taux fixe, choisi par la très grande majorité des emprunteurs, garde son sens.