Un sondage YouGov mené dans six pays européens révèle un fameux basculement d’opinion sur le confort en été ! Une majorité veut la climatisation dans le neuf, une installation plus facile et des primes. Et une part importante la place devant la réduction des émissions…

Le chiffre qui frappe
Interrogés cet été dans six pays (France, Allemagne, Italie, Espagne, Pologne et Royaume-Uni), entre 41 et 48 % des sondés estiment que faciliter l’accès à la climatisation devrait primer sur la réduction des émissions de CO2 ! L’Italie fait exception. À l’inverse, seuls 20 à 33 % placent la priorité climatique devant le confort. L’enquête a été réalisée par YouGov à la mi-juillet 2026 (début août pour le Royaume-Uni). La Belgique n’y figure pas, mais est-il improbable de se dire que les résultats auraient été fort différents ?
Ce que les Européens veulent chez eux
Les demandes sont nettes et convergentes d’un pays à l’autre. Ils sont 61 à 73 % à vouloir une climatisation dans tous les logements neufs, 65 à 75 % à souhaiter pouvoir l’installer plus facilement, sans passer par des autorisations et 52 à 66 % à réclamer des primes publiques pour s’équiper. Dans le même temps, 27 à 53 % jugent leur logement insuffisamment frais et 30 à 52 % redoutent des risques sanitaires pour leur ménage au-delà de 40 °C !
Une fracture nord-sud très visible
Le taux d’équipement raconte deux Europes. L’Italie est climatisée à 63 %, l’Espagne à 58 %. Puis ça dégringole : France 30 %, Pologne 23 %, Allemagne 16 %, Royaume-Uni 11 %. Pour référence, les États-Unis plafonnent à 93 % ! Ce sont donc les pays les moins équipés qui basculent le plus vite dans la demande, précisément ceux dont le parc immobilier n’a jamais été conçu pour la chaleur.
Le frein n’est pas écologique, il est financier
Interrogés sur ce qui les empêche de s’équiper, 51 à 75 % des répondants citent le coût. Les préoccupations environnementales ne pèsent que 6 à 17 %, avec une exception française à 27 %.
Ce que la facture collective représente
La climatisation représente aujourd’hui environ 1 % de la consommation électrique de l’Union européenne et le refroidissement des bâtiments pèse autour de 2,7 % des émissions mondiales de CO2 liées à l’énergie !
Mais la trajectoire inquiète : l’Agence internationale de l’énergie estime que la demande énergétique pour la climatisation pourrait plus que tripler d’ici 2050 ! Certains experts pensent que cet accroissement de la demande pourrait coïncider avec l’énergie fournie par les panneaux solaires, vu que c’est lorsque le soleil tape que l’on a besoin de clim’… et que les panneaux produisent de l’électricité !
S’ajoute un effet pervers en ville, avec les fameux « îlots de chaleur » : une pompe à chaleur exécute un transfert de chaleur. Elle rejette donc la chaleur de l’intérieur vers l’extérieur, ce qui peut créer une hausse locale de la température.
De l’autre côté de la balance, l’enjeu sanitaire est massif : l’Europe compte environ 11 décès liés à la chaleur pour 100.000 habitants par an, contre 2 aux États-Unis !