Le PEB ne regardera bientôt plus seulement l’énergie consommée : le carbone caché dans les matériaux entre lui aussi dans l’équation ! On vous explique…

Quand on parle de PEB, on pense isolation, chaudière, panneaux solaires ou consommation d’énergie. Logique : jusqu’ici, la performance d’un bâtiment était surtout évaluée à travers l’énergie nécessaire pour l’occuper et le chauffer. Mais l’Europe veut regarder plus loin. La nouvelle directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments (EPBD) impose progressivement la prise en compte du potentiel de réchauffement global sur l’ensemble du cycle de vie d’un bâtiment. Derrière ce terme plutôt administratif se cache une idée assez simple : un bâtiment émet du CO₂ avant même que quelqu’un n’y monte le thermostat !
Alors, le PEB va-t-il vraiment noter vos matériaux ?
Oui… Mais c’est à nuancer : l’Europe ne prévoit pas de donner une note individuelle au béton, à la laine de roche ou aux châssis ; elle demande de calculer l’empreinte climatique du bâtiment dans son ensemble, en intégrant notamment les émissions liées à la production et au transport des matériaux, au chantier, à l’utilisation du bâtiment, aux remplacements de certains éléments et, enfin, à la démolition, au recyclage ou au traitement des déchets. Autrement dit, le choix des matériaux commencera à peser beaucoup plus clairement dans le bilan final.
La Commission européenne distingue ainsi les émissions liées à l’usage du bâtiment de celles dites « incorporées », générées par les matériaux et leur cycle de vie. Et ces dernières sont loin d’être anecdotiques : les nouvelles constructions ne représentent qu’environ 1 % de la surface du parc immobilier européen, mais comptent pour 18 % de ses émissions sur l’ensemble du cycle de vie.
2028 puis 2030 : le changement sera progressif
Le calendrier européen est précis. Dès le 1er janvier 2028, le potentiel de réchauffement global sur le cycle de vie devra être calculé et communiqué dans le certificat de performance énergétique pour les nouveaux bâtiments de plus de 1.000 m². À partir du 1er janvier 2030, cette obligation s’étendra à tous les bâtiments neufs. La directive européenne 2024/1275 prévoit également que les États membres préparent des valeurs limites pour cette empreinte carbone. En Belgique, les Régions devront donc intégrer les nouvelles exigences européennes dans leurs propres systèmes.
Le secteur belge ne part d’ailleurs pas d’une page blanche. Les trois Régions ont développé TOTEM, un outil permettant d’évaluer l’impact environnemental des matériaux et des bâtiments pendant leur cycle de vie : production des composants, transport vers le chantier, entretien, consommation énergétique ou encore fin de vie…