La domotique change de priorité : après les lampes et les volets, elle veut désormais orchestrer toute l’énergie de la maison ! On vous explique…

Pendant longtemps, la maison connectée a surtout été synonyme de confort. Allumer une lampe depuis son smartphone, fermer les volets depuis son canapé ou demander la météo à un haut-parleur intelligent : pratique, certes, mais rarement indispensable, on est d’accord…
Une étude publiée cette semaine par le cabinet suédois Berg Insight montre que le centre de gravité est en train de se déplacer vers quelque chose de beaucoup plus concret : l’énergie ! À la fin de 2025, environ 6 millions de systèmes de gestion énergétique domestique, ou HEMS, étaient installés en Europe et en Amérique du Nord. Et l’Europe domine très largement le marché avec environ 5,1 millions d’installations, contre quelque 850.000 en Amérique du Nord.
Mais qu’est-ce qu’un HEMS ?
Derrière cet acronyme sibyllin se cache une idée assez simple : une maison moderne peut produire de l’électricité grâce à ses panneaux photovoltaïques, la stocker dans une batterie, chauffer ses pièces avec une pompe à chaleur et recharger une voiture électrique. Ça, vous le savez. Le problème ? Chacun de ces appareils possède ses propres contraintes !
Le Home Energy Management System joue le rôle de chef d’orchestre : il peut par exemple décider de charger la batterie lorsque les panneaux produisent beaucoup, de retarder la recharge de la voiture lorsque le réseau est sous tension ou de faire fonctionner certains appareils durant les heures où l’électricité coûte moins cher… La domotique ne se contente donc plus de répondre à une commande : elle commence à arbitrer.
L’Europe possède une longueur d’avance
Selon Berg Insight, l’Europe constitue aujourd’hui le marché le plus développé ! Ce n’est guère surprenant, car la pénétration du photovoltaïque résidentiel est importante dans plusieurs pays (dont la Belgique), les tarifs électriques dynamiques progressent et les pompes à chaleur comme les voitures électriques ajoutent de nouvelles consommations pilotables. Et bien entendu, le rapport estime que le nombre de HEMS installés devrait continuer à augmenter rapidement au cours des prochaines années ! Et quand on y pense, on se dit que l’arrivée de batteries domestiques plus abordables pourrait encore accélérer le phénomène…
Et en Belgique ?
La Belgique possède précisément plusieurs ingrédients favorables ! Le photovoltaïque est très répandu, les compteurs numériques progressent et les fournisseurs peuvent proposer des contrats dynamiques. Dans ce contexte, savoir quand consommer peut progressivement devenir presque aussi important que savoir combien on consomme ! On pense par exemple à recharger la voiture quand le soleil est présent, faire une pause quand il y a un gros nuage et que l’aspirateur, le sèche-cheveux et le lave-vaisselle tourne…
Votre maison pourrait bientôt regarder la météo
Les systèmes les plus avancés ajoutent désormais des prévisions : si une journée très ensoleillée est annoncée demain, la maison peut éviter de remplir complètement sa batterie durant la nuit afin de conserver de la capacité pour le surplus photovoltaïque du lendemain. À l’inverse, si le ciel s’annonce gris et que l’électricité est exceptionnellement bon marché à 4 heures du matin, une recharge depuis le réseau peut devenir pertinente !
Un nouvel écosystème… et un nouveau risque !
Il reste évidemment à savoir si les appareils de marques différentes vont réussir à travailler ensemble ! Un ménage peut posséder des panneaux d’un fabricant, un onduleur d’un autre, une pompe à chaleur d’une troisième marque et une voiture encore différente. Des plateformes comme Home Assistant cherchent justement à réunir des appareils provenant d’écosystèmes différents. Le danger serait de voir apparaître une maison où chaque équipement énergétique fonctionne parfaitement… à condition d’avoir acheté tous les autres chez le même fabricant !