Vous avez rajouté des tonnes d’isolants, installé une VMC, une pompe à chaleur, bref, tout semble parfait sur le papier. Mais la maison est-elle réellement aussi sobre que prévu ? C’est toute la question qui se pose en ce moment…

Vous isolez votre maison, changez le chauffage et améliorez son PEB. Le logiciel annonce une forte baisse des besoins énergétiques. Tout va bien. Sauf qu’il reste une petite question : le bâtiment rénové se comporte-t-il réellement comme prévu ? Entre la théorie et la pratique, il y a parfois de la marge !
Le sujet était précisément au programme des Renodays à Paris ce 29 septembre, lors d’une intervention de l’ADEME au titre plutôt explicite : « On a rénové. Et après ? Mesurer, garantir et payer à la performance ». Et cette réflexion n’est pas uniquement française. En Belgique, Buildwise et SECO Belgium travaillent justement sur la mesure des performances thermiques réelles des bâtiments.
Le calcul théorique a ses limites
Un certificat PEB repose nécessairement sur une méthode standardisée. C’est indispensable pour comparer deux logements sans tenir compte du fait que Monsieur Dupont chauffe à 18 °C alors que Madame Martin aime transformer son salon en petite serre pour ses plans de tomate… Mais une simulation reste… une simulation !
Dans la réalité, la qualité de mise en œuvre des travaux peut modifier le résultat. Ponts thermiques, défauts d’étanchéité ou isolation moins performante que prévu peuvent dégrader les performances. Et puis bien sûr, le comportement des habitants peut faire exploser la consommation d’un bâtiment pourtant efficace. Voilà pourquoi, et on ne le dira jamais assez, consommation réelle et performance intrinsèque du bâtiment ne doivent pas être confondues.
En Belgique, le projet HeatUP mesure le bâtiment pour de vrai
Le projet HeatUP de Buildwise cherche précisément à améliorer ces mesures. Porté par SECO Belgium et Buildwise, il étudie différentes méthodes permettant d’évaluer les performances thermiques réelles de logements urbains. Les maisons mitoyennes et immeubles collectifs sont notamment ciblés, car leur configuration rend les mesures plus complexes !
L’idée n’est évidemment pas de remplacer systématiquement le PEB par une armée d’ingénieurs équipés de thermomètres. HeatUP veut déterminer quelle méthode de mesure est la plus adaptée selon le type de bâtiment, en combinant données réelles et modèles numériques.
Mieux mesurer pour mieux rénover
L’intérêt, il est finalement assez évident : si l’on connaît plus précisément les pertes réelles du bâtiment, on peut mieux dimensionner son isolation ou son système de chauffage. Buildwise estime ainsi que les résultats peuvent permettre de mieux cibler les interventions et d’adapter les installations de chauffage aux besoins réellement constatés.
Et après les travaux ?
Aujourd’hui, on vérifie généralement que les travaux ont bien été réalisés et que le bâtiment obtient la performance théorique attendue. Demain, des mesures pourraient davantage permettre de contrôler ce qui a réellement changé dans le bâtiment. Il ne s’agit évidemment pas de comparer bêtement deux factures : un hiver peut être plus froid que le précédent et les occupants peuvent avoir modifié leurs habitudes. Mais des méthodes de mesure adaptées peuvent permettre de mieux isoler la performance propre à l’enveloppe du logement.
Cela, nous ne pensons évidemment pas que le PEB va disparaître, car les deux approches sont donc davantage complémentaires que concurrentes. Après tout, quand on rénove une maison pour économiser de l’énergie, le but est… d’économiser de l’énergie, non ?