Plafonnement des loyers, expulsions suspendues, achats d’entreprises limités : alors que le sujet du logement devient brûlant en Espagne, Madrid adopte deux décrets qui divisent profondément le pays.

Vous n’êtes probablement pas sans savoir que la crise immobilière en Espagne est particulièrement aiguë. Le gouvernement espagnol a d’ailleurs approuvé ce 6 octobre deux décrets consacrés au logement. Les mesures avaient auparavant été rejetées au Parlement, poussant le Premier ministre Pedro Sánchez à convoquer des élections législatives anticipées pour le 29 novembre. Le logement devient ainsi l’un des principaux sujets de la campagne espagnole, rapporte Reuters. On vous explique tout ça !
Loyers, expulsions et investisseurs
Selon Reuters, les textes comprennent notamment des mécanismes de plafonnement des loyers, une interdiction temporaire de certaines expulsions et des restrictions visant les achats résidentiels effectués par des entreprises. Un second décret concerne notamment le renouvellement automatique de certains contrats de location.
Pour rappel, des manifestations massives ont eu lieu ces derniers mois et plusieurs expulsions très médiatisées ont encore renforcé la pression politique…
La solution divise profondément
Pour le gouvernement, ces décisions devraient freiner la spéculation et donc, faciliter l’accessibilité au logement.
Les opposants, eux, avancent exactement l’argument inverse : davantage de contraintes pourraient décourager les investisseurs et réduire encore l’offre locative… Carolina Roca, représentante de l’Association des promoteurs immobiliers de Madrid citée par Reuters, met notamment en garde contre l’incertitude juridique et ses conséquences possibles sur l’investissement dans le logement abordable.
Ce vieux débat, vous le connaissez : on protège le locataire et on freine la spéculation ou, au contraire, on ouvre les vannes pour favoriser la construction de logements et donc réduire la pression sur l’offre et la demande ?