La population bruxelloise stagne pour la première fois en 30 ans. Mais la demande de logements abordables reste entière.

Une ville presque à l’arrêt
Pendant des annĂ©es, Bruxelles a dĂ» absorber une croissance dĂ©mographique rapide. Aujourd’hui, le tableau change radicalement : au 1er janvier 2026, la RĂ©gion comptait 1.255.834 habitants, soit seulement… 39 de plus qu’un an auparavant ! Pas 39.000, 39 ! C’est ce qui ressort d’un communiquĂ© de l’Institut bruxellois de statistique et d’analyse. De quoi poser quelques questions au sujet de l’amĂ©nagement du territoire ? C’est la question Ă la quelle une analyse publiĂ©e par BRUZZ tente de rĂ©pondre…
Pour rappel, la stagnation concerne donc bien l’année 2025. Elle marque néanmoins une rupture après pas moins de 3 décennies de progression ! Et forcément, elle soulève une question assez logique : pourquoi continuer à construire si la population ne grandit plus ?
Des départs qui pèsent lourd
La rĂ©ponse commence par les mouvements de population. Selon les donnĂ©es officielles de Statbel, Bruxelles a enregistrĂ© en 2025 un solde naturel positif de 5.103 personnes et un solde migratoire international positif de 13.988. Mais elle a perdu 18.553 habitants au profit des deux autres RĂ©gions. Un ajustement statistique de -499 aboutit au gain final de 39 habitants. Les raisons ? Comme d’habitude, on suppose que le coĂ»t du logement, l’espace disponible et les conditions de vie peuvent pousser des mĂ©nages Ă chercher ailleurs…
Habitants et ménages : deux calculs différents
Un nombre d’habitants stable ne veut évidemment pas dire que tous les besoins résidentiels sont couverts ! Un appartement occupé par quatre personnes et deux appartements occupés par deux personnes hébergent exactement la même population, mais ne représentent pas la même demande immobilière. Les séparations, la décohabitation, le vieillissement et les changements de composition des ménages peuvent donc modifier les besoins sans faire varier fortement le total des habitants ! Et ne l’oublions pas : le nombre de personnes vivant seules est en hausse !
Et puis, il faut évidemment amener la question de l’accessibilité financière : un logement existe peut-être sur le marché, sans pour autant être abordable pour le ménage qui en a besoin. Et typiquement, les prix sont déterminés par la loi de l’offre et la demande…
Moins construire, ou construire autrement ?
Cette pause dĂ©mographique peut en revanche inviter Ă revoir certaines prioritĂ©s. BRUZZ souligne que des Ă©coles francophones voient leurs effectifs diminuer, tandis que la demande reste très variable d’un quartier Ă l’autre. On peut donc imaginer que des bâtiments scolaires ou de soins pourraient, Ă terme, changer d’usage lorsque les besoins Ă©voluent… Bon, c’est certain, une reconversion exige bien entendu des Ă©tudes techniques, des autorisations et un modèle Ă©conomique crĂ©dible.
Donc non, les prix ne vont pas forcément baisser : une ville qui ne grandit plus peut encore manquer cruellement de place pour se loger.