Votre serviteur parle en connaissance de cause… L’humidité, c’est un vrai fléau, un cancer dont il peut être très compliqué de s’en débarrasser ! Dès lors, comment être sûr que le bien que l’on convoite est réellement sain ?

La maison paraissait irréprochable, entièrement refaite à neuf. On craque… Et le jour de la signature de l’acte, lors de la visite, c’est la catastrophe : de grosses traces d’humidité sur les murs fraichement repeints ! Promis juré, ce n’est pas une expérience inventée par l’IA (berk), c’est du vécu ! Bref, avant de vous engager, mieux vaut donc savoir où regarder et quels indices prendre au sérieux.
1. Repérez les taches noires dans les coins et autour des fenêtres
L’un des premiers signaux d’alerte, ce sont, bien entendu, les taches noires. Elles apparaissent souvent dans les coins des pièces, derrière les rideaux, près des châssis ou dans les zones où l’air circule mal. Dans beaucoup de cas, elles indiquent la présence de moisissure liée à une humidité excessive et à un manque de ventilation.
Soyez particulièrement attentif aux joints en silicone autour des fenêtres. C’est un endroit où la moisissure s’installe facilement, surtout dans une pièce humide ou mal ventilée ! Et comme ces joints sont difficiles à nettoyer parfaitement, ils révèlent souvent mieux le problème que les murs fraîchement repeints ! Même si certaines traces ont été nettoyées avant la visite, des marques, une décoloration ou un aspect irrégulier peuvent encore trahir un souci plus profond.
Cela dit, si c’est uniquement dû à une mauvaise ventilation (voire ci-dessous), il existe des solutions relativement faciles, comme l’installation d’une VMC, dont le coût, pour un petit bien, est sans doute moins élevé que supposé (entre 1000 et 3000 euros pour un studio ou un petit appartement). Les petits biens et/ou les biens isolés (devinez comment je le sais…) sont souvent les premières victimes de ce type d’humidité. L’installation d’une VMC peut évidemment se négocier lors de l’achat. Mais attention, il peut y avoir d’autres causes !
2. Regardez derrière les meubles, pas seulement ce qui est visible
Lors d’une visite, il est tentant de se concentrer sur l’ensemble de la pièce. Pourtant, les zones les plus parlantes sont souvent celles qu’on ne remarque pas au premier coup d’œil. Les meubles placés contre les murs peuvent masquer des traces d’humidité, surtout dans les chambres, les salons ou les pièces peu chauffées. Pourquoi ? Parce que l’air y circule moins bien ! Résultat : l’humidité a tendance à s’y accumuler davantage, ce qui favorise l’apparition de moisissures.
Essayez donc de jeter un œil derrière une armoire, un canapé ou une commode, surtout s’ils sont collés contre un mur extérieur. Vérifiez aussi l’état des plinthes. Si elles gondolent, se décollent ou présentent des taches, ce n’est jamais bon signe ! Un sacré point de négociation…
3. Examinez attentivement les murs et les plafonds
Les murs et les plafonds sont parmi les surfaces les plus révélatrices. Ce sont souvent les premiers endroits où l’humidité laisse des traces visibles. Des auréoles, une peinture qui cloque, une couleur irrégulière ou une zone récemment repeinte doivent vous mettre en alerte !
Un bien qui vient d’être rafraîchi n’est pas forcément problématique, bien sûr. Mais une couche de peinture récente peut parfois servir à camoufler des défauts ! Soyez attentif aux différences de teinte, aux zones qui semblent encore « neuves » par rapport au reste du mur, ou à un aspect inhabituel de la finition.
Les champignons et moisissures peuvent aussi se développer en hauteur, notamment dans les angles des plafonds, au-dessus des fenêtres ou dans les pièces d’eau. Prenez donc le temps de lever les yeux pendant la visite, y compris dans les coins !
4. Inspectez la cave avec encore plus de vigilance
S’il y a une cave, demandez systématiquement à la visiter. C’est souvent l’un des meilleurs endroits pour détecter un problème d’humidité structurel. Une odeur de renfermé, des murs humides au toucher, des traces blanchâtres, un sol mouillé ou des zones sombres sont autant d’indices à ne pas négliger.
En l’absence de pompe vide-cave, redoublez de prudence, surtout si le bien se situe dans une zone où le sol est humide ou si la cave paraît peu entretenue. L’humidité ascensionnelle ou les infiltrations peuvent y être plus fréquentes qu’on ne l’imagine !
Même si vous ne comptez pas utiliser la cave tous les jours, un problème à ce niveau peut avoir des conséquences sur le reste de la maison. Une cave humide peut favoriser une sensation d’humidité générale dans l’habitation et compliquer la bonne conservation des matériaux…
5. Observez la finition des murs et les signes plus discrets
Tous les problèmes d’humidité ne se manifestent pas par de grandes taches bien visibles. Parfois, les signes sont plus subtils ! Un papier peint qui se décolle, une peinture qui s’effrite, un mur qui semble friable ou un dépôt blanchâtre en surface doivent attirer votre attention !
Ce dépôt, souvent poudreux, peut être lié à la présence de sels minéraux laissés par l’eau en s’évaporant. C’est un indice classique d’humidité dans les murs et cela mérite toujours une vérification plus poussée !
Passez aussi la main sur certaines surfaces si cela est possible. Un mur anormalement froid ou légèrement humide peut révéler un souci de condensation ou une mauvaise isolation. Ce ne sont pas forcément des défauts insurmontables, mais mieux vaut les identifier avant l’achat que les découvrir après l’emménagement.
Attention !
Si une mauvaise ventilation est souvent la cause de la présence d’humidité dans les biens de nos jours (on pense à isoler, mais pas forcément à ventiler), il peut y avoir d’autres causes : de l’humidité ascensionnelle, une fuite d’une canalisation, une infiltration, une gouttière obstruée… Les causes sont infinies et il peut être très délicat de connaître la provenance, même si vous faites appel à des spécialistes reconnus !
Ma petite expérience personnelle ?
Si vous voyez de nombreuses traces d’humidité, fuyez. Dans le cas de votre serviteur, la maison était vraiment petite, entièrement rénovée, mais les traces d’humidité étaient multiples, tout comme les causes : évacuation d’eau défaillante, maçonnerie poreuse, manque de ventilation, humidité ascensionnelle… Bref, il aura fallu trois à quatre ans pour en venir à bout, avec tout ce que vous pouvez imaginer comme dégâts financiers et… juridiques. Un calvaire. Plus jamais ça ! Entre les spécialistes réputés qui se jettent la faute, qui s’emblent démunis, qui ne comprennent pas et qui jouent la mauvaise foi, ce fut une véritable leçon.
Une maison rénovée n’est donc pas toujours une maison sans défaut
Un logement fraîchement rénové peut être très séduisant. C’est souvent un vrai plus, mais cela ne doit pas faire baisser votre vigilance. Une rénovation peut avoir été réalisée pour moderniser le bien et augmenter sa valeur, mais elle peut aussi avoir servi à masquer certains problèmes ! Cela ne signifie pas qu’il faut se méfier de tout. En revanche, il est utile d’observer les détails, de poser des questions précises et de ne pas vous laisser rassurer uniquement par une belle présentation.
En cas de doute, il peut être judicieux de demander l’avis d’un professionnel du bâtiment ou d’un expert avant de signer. Un regard expérimenté peut repérer en quelques minutes ce qu’un acheteur voit difficilement lors d’une simple visite. Et si vous achetez avec comme objectif une mise en location, pensez à installer une VMC si ce n’est déjà fait. Sa bonne utilisation ne dépend hélas pas de vous, mais au moins, on ne pourra pas vous reprocher de ne pas l’avoir fait ! Et puis, c’est bon à prendre pour le PEB… Et donc la valeur de votre bien !