Ma grand-mère n’en finit plus de trier ses tiroirs. Elle a encore préparé un sac pour moi : des ceintures, des chaussures et des bas en nylon. Très sincèrement, je garderai peu de choses.
Mamy fait une taille 34, chausse du 42 et porte en toute circonstance des mi-bas mousseline qui lui arrivent sous le genou. Je fais du 46, chausse du 39 et cours nus pieds toute l’année. Enfin. Ce qui compte, c’est l’intention. Alors que je triais ses mi-bas, j’ai trouvé un paquet plus joli que les autres : le nylon était orné d’un motif très dense. Des losanges étaient cousus en relief sur tout le pourtour du bas. Quadrillé de nylon brun et de losanges beiges.
J’ai mis plusieurs jours à trouver un peu d’inspiration. Mais je suis contente du résultat. J’ai enfilé un des deux mi-bas autour d’une bouteille de chianti que je gardais depuis longtemps : sa forme était trop belle que pour qu’elle finisse à la bulle à verre. Son corps était rond à souhait : après la bague, le col et l’épaule de la bouteille, on avait un fût fort large.
Surprise : le rendu a directement été sympa !
Le tissu s’est tendu sur le verre transparent de la bouteille, laissant bien apparaître le dessin géométrique du mi-bas.
- J’ai tiré celui-ci au maximum vers le haut, histoire de tendre davantage encore les motifs.
- J’ai enroulé du raphia de couleur naturelle autour du col de la bouteille. Un long morceau de corde, sur à peu près deux centimètres de hauteur.
- J’ai coupé la longueur inutile du mi-bas et ai enfoncé les centimètres restants du nylon dans le goulot de la bouteille (j’avais pris soin de badigeonner l’intérieur de celui-ci de colle).
- J’ai terminé par enrouler un deuxième fil de raphia au bord de la bague, pour cacher l’intérieur du goulot.
Quant au deuxième mi-bas, je lui ai réservé un destin tout aussi flamboyant. J’ai peint une grande boîte de conserve en blanc et je l’ai glissée dans le mi-bas. Les losanges faisaient un imprimé parfait sur le fond blanc. Il a suffi alors de tendre le bas au maximum et de cacher le surplus de nylon à l’intérieur. Une petite plante dans la boîte ainsi habillée, et hop, le tour était joué !
Qui l’eut cru ? Voilà que les mi-bas de Mamy font aussi les beaux jours de mes vieux pots !