Face aux prix de l’énergie, le réflexe est souvent radical : on coupe tout lorsque l’on part quelques jours ! On se dit qu’en bon citoyen économe, on ne va pas chauffer des murs vides…. Pourtant, ce petit bouton « off » pourrait bien être votre pire ennemi. Avant de claquer la porte de votre maison, un petit point sur la thermique s’impose.

La règle d’or, c’est que votre stratégie de chauffage dépend entièrement de l’endroit où vous vivez. Si vous avez la chance d’habiter une construction récente, super-isolée, vous vivez pratiquement dans un thermos géant. Dans ces logements, la chaleur reste « emprisonnée » grâce à une étanchéité performante. Dans ce cas de figure, vous pouvez vous permettre d’être un peu plus drastique. Pour une absence d’une journée, couper totalement les radiateurs ne fera pas chuter la température de plus de deux ou trois degrés. C’est l’avantage de l’inertie thermique : les matériaux lourds restituent la chaleur lentement. Toutefois, ce n’est pas non plus ce que nous vous conseillons, voir ci-dessous…
À l’opposé, si votre domicile est mal isolé, la donne change radicalement. Ici, couper le chauffage est une invitation au désastre. Sans apport de chaleur constant, la température intérieure s’aligne sur l’extérieur en un temps record : Les murs refroidissent « à cœur » et le risque de voir apparaître des ponts thermiques (ces zones froides où l’air intérieur condense) explose. Pour ces logements, certains experts recommandent de ne jamais descendre sous les 11 degrés en cas d’absence, quand d’autres jouent davantage la prudence en parlant de 15 degrés ! Les chiffres varient selon les sources, mais l’idée est là…
Le spectre du gel
L’eau qui gèle prend plus de place et les tuyaux, même les plus costauds, finissent par céder. C’est là qu’intervient le fameux mode hors gel, souvent réglé entre 7 et 10 degrés. C’est le minimum vital pour éviter l’inondation au dégel !
Mais attention, car au-delà de la plomberie, il y a la loi… et votre assureur. En Belgique, le contrat d’assurance habitation classique exige que vous agissiez en « bon père de famille ». Cela signifie que si vous partez deux semaines en laissant la maison sans chauffage alors que les températures sont franchement négatives, l’expert pourrait bien estimer que vous avez été négligent. Certaines compagnies demandent explicitement de maintenir au moins 10 degrés si les installations ne sont pas vidangées.
L’humidité
Couper le chauffage, c’est aussi ouvrir la porte à l’humidité. Un air froid devient vite saturé en eau. Si votre maison descend à 10 degrés, l’humidité ambiante va se déposer sur vos murs, derrière vos armoires et dans les coins. C’est le paradis pour les moisissures ! Un logement maintenu à 12 ou 14 degrés reste beaucoup plus sain et, paradoxalement, sera plus facile à chauffer à votre retour. Pourquoi? Parce que l’air sec nécessite moins d’énergie pour grimper en température que l’air humide. Vous pensez économiser des cents en éteignant tout, mais vous dépenserez des euros pour assécher l’air à votre retour !
La facture
Baisser votre thermostat d’un seul petit degré, c’est déjà économiser environ 7% (voire plus…) sur votre consommation annuelle. Si vous disposez d’un thermostat connecté, vous pouvez laisser la maison à 12 degrés durant toute votre absence et relancer la machine via votre smartphone quelques heures avant de passer la porte. C’est la solution la plus élégante pour allier confort et économies !
La check-list pour un départ serein
Avant de filer, n’oubliez pas les fondamentaux. D’abord, purgez vos robinets de jardin! C’est l’erreur numéro un : l’eau gèle dans le tuyau extérieur et peut faire éclater la vanne. Ensuite, fermez vos volets et tirez vos rideaux épais. C’est une isolation « gratuite » qui peut limiter la déperdition de chaleur. Enfin, laissez les portes intérieures entrouvertes pour que la chaleur circule et qu’aucune pièce ne devienne un frigo géant propice à la condensation.