À quelques kilomètres de Montpellier, au milieu des vignes et des chênes centenaires, un château du XVIIIe siècle a fait peau neuve. Pas de transformation tape-à-l’œil ni de luxe clinquant : ici, le renouveau passe par la matière, le temps long et une approche voulue durable.

Le pari ? Transformer une demeure historique en lieu d’hospitalité contemporain, sans la figer ni la dénaturer. Chaque pièce a été pensée en lien direct avec son environnement. La lumière naturelle entre, circule, évolue au fil de la journée. Les matériaux (pierre, bois, tissus) réagissent à cette lumière et donnent vie aux espaces, rapporte le bureau responsable,

Rien n’est figé. Le décor vit, respire, change selon l’heure et la saison. Une sensation plus proche d’une maison habitée que d’un hôtel classique.
Le textile, star inattendue de l’aménagement
Ici, le textile ne se contente pas d’habiller les lieux. Il structure l’espace. Tentures, ciels de lit, panneaux muraux ou paravents servent à délimiter, adoucir l’acoustique et créer de l’intimité. L’idée est simple : apporter la chaleur d’un intérieur privé sans écraser l’architecture d’origine. Le tissu devient un outil d’architecture souple, chaleureux et réversible !

Des couleurs nées du terroir
Les teintes ne sortent pas d’un nuancier industriel. Elles viennent du sol. Littéralement. Certaines couleurs ont été obtenues à partir de pigments végétaux : pépins de raisin issus du domaine, racine de garance, pastel. Des tons blush, corail, abricot, bleu doux ou gris léger qui racontent le paysage méditerranéen sans le caricaturer. À cela s’ajoutent des tissus anciens : damas provençaux, imprimés vénitiens, textiles issus de maisons de couture…

L’imperfection comme signature
Les tissus fragiles ne sont pas dissimulés, mais réparés, renforcés, parfois laissés imparfaits.

Tout a été conçu pour durer et pour être utilisé. Les housses se retirent, les structures se démontent, les tissus se nettoient, se réparent, se recolorent. Rien n’est jetable. Des savoir-faire européens traditionnels (tissages, broderies, impressions) rencontrent les contraintes très concrètes de l’hôtellerie. Le luxe n’est pas fragile : il est réparable.

Un luxe plus lent, mais plus riche
Ce projet défend une idée simple : le luxe durable n’est pas une punition esthétique. C’est un choix de matériaux qui vieillissent bien, qui gagnent en caractère avec le temps et qui portent une mémoire.