Un printemps de feu, des nids par milliers et des apiculteurs à cran : le frelon asiatique n’a pas laissé que de bons souvenirs en Belgique.

Notre plat pays a traversé en 2025 une crise entomologique sans précédent. Le coupable? Le frelon asiatique (Vespa velutina de son petit nom), ce touriste arrivé il y a quelques années et qui a décidé que nos ruchers étaient fort appétissants…
Une invasion format XXL
Florian Bastin, chercheur au CRA-W (Centre wallon de Recherches agronomiques), ne mâche pas ses mots : l’année 2025 bat tous les records de fréquentation. En Wallonie, le compteur s’est emballé avec 1.952 nids neutralisés dans le rayon d’action des ruchers, contre à peine 584 l’année précédente.
Côté flamand, ce fut carrément l’embouteillage sur la plateforme Vespa-Watch, avec près de 25 000 nids enregistrés. Pourquoi un tel « succès » ? Un printemps exceptionnellement sec et chaud a servi de dopage naturel aux fondatrices. À Uccle, on a frôlé les 35.9°C dès le début du mois de juillet, tandis que Diepenbeek transpirait sous 38.3°C. Avec de telles températures, les larves grandissent rapidement, tandis que les colonies atteignent une taille critique en un temps record.
Les bêtises à ne surtout pas commettre (sous peine de regrets)
Face à un nid qui ressemble à un ballon de foot accroché à votre corniche, mieux vaut jouer la carte de la prudence. En effet, le frelon asiatique a le sens de la famille très développé et un tempérament de feu dès qu’on s’approche de sa progéniture.
La première erreur monumentale est de sortir le jet d’eau ou, pire, d’essayer de jouer avec un chalumeau improvisé. Non seulement vous allez énerver des milliers d’insectes qui courent (ou volent) bien plus vite que vous, mais vous risquez surtout une attaque groupée. Une piqûre de frelon n’est pas plus toxique que celle d’une abeille, mais quand ils s’y mettent à cinquante, c’est le ticket direct pour l’hôpital.
Autre réflexe à oublier : le piégeage non sélectif. Ces bouteilles remplies de bière et de sirop que l’on voit fleurir dans les jardins sont de véritables "aspirateurs à biodiversité". Pour un frelon capturé, vous noyez 99% d’insectes utiles, dont nos précieuses abeilles et pollinisateurs locaux. L’association Natuurpunt s’interroge d’ailleurs sur la pertinence de ces campagnes massives qui font plus de dégâts collatéraux qu’autre chose…
Que faire alors?
Si vous dénichez un nid, gardez votre calme et vos distances. Le bon réflexe, c’est le signalement sur Vespa Alert ou Vespa-Watch. En Wallonie, la neutralisation est souvent gratuite pour les apiculteurs enregistrés, mais si le nid est sur votre terrain privé et ne menace personne directement, la facture pourrait être pour vous. Comptez entre 100 et 150 euros pour un professionnel, voire beaucoup plus si les pompiers doivent sortir la grande échelle (jusqu’à 1.100 euros, ça pique plus que le dard).
En résumé : observez, signalez, mais ne jouez pas aux héros. Mieux vaut laisser les professionnels gérer les envahisseurs à pattes jaunes.