La guerre en Iran fait grimper les prix du gaz. Mais faut-il craindre une pénurie d’énergie en Belgique dans les prochains mois ? Quid de votre contrat d’énergie ?

A moins d’avoir vécu dans une grotte, vous n’êtes pas sans savoir qu’avec les tensions au Moyen-Orient et la guerre en Iran, les prix du gaz ont brusquement remonté sur les marchés internationaux. De quoi raviver un souvenir encore très frais : la crise énergétique de 2022, lorsque les prix avaient explosé après l’invasion de l’Ukraine ! La question revient donc rapidement: risque-t-on une pénurie d’énergie en Belgique ? Autant le dire tout de go : pour l’instant, les experts se veulent plutôt rassurants. Mais la situation mérite quelques explications.
Non, la Belgique ne manque pas de gaz
Tout d’abord, sachez que l’approvisionnement en gaz reste solide. En effet, l’Europe ne dépend plus massivement d’une seule source. Depuis la crise énergétique, les pays européens ont largement diversifié leurs fournisseurs. Aujourd’hui, le gaz consommé en Belgique provient principalement de plusieurs origines, comme les États-Unis, la Norvège, le Royaume-Uni… Bref, retenez quemême si une région du monde est secouée par un conflit, le système d’approvisionnement reste relativement diversifié. Une pénurie pure et simple apparaît donc très peu probable à court terme.
Pourquoi les prix bougent malgré tout
Si les stocks sont suffisants, pourquoi les prix remontent-ils ? Parce que le marché du gaz est mondial. Les prix européens sont largement influencés par l’indice TTF, la référence du marché du gaz en Europe. Et cet indice réagit très vite aux tensions géopolitiques ! Quand un conflit éclate dans une région stratégique, les marchés anticipent plusieurs risques, comme les perturbations du transport maritime, les tensions sur certaines routes énergétiques, la concurrence accrue… Même si l’approvisionnement n’est pas directement menacé, la nervosité des marchés suffit à faire grimper les prix. Bref, on ne revivra pas une situation comme en 2022.
Pourquoi la saison joue un rôle important
Autre facteur rassurant : la période de l’année. La consommation de gaz explose surtout en hiver, lorsque le chauffage tourne à plein régime. Les mois de décembre et janvier concentrent la plus grande partie de la demande des ménages. Au printemps et en été, la consommation chute fortement. Cela signifie qu’une hausse des prix du gaz au printemps aura un impact plus limité sur la facture annuelle que si elle survenait en plein hiver. Autrement dit : même si les marchés restent nerveux, les ménages sont actuellement dans une période de consommation plus faible.
Faut-il déjà changer de contrat d’énergie ?
Pour l’instant, de nombreux spécialistes estiment qu’il est encore un peu tôt pour réagir. Les marchés peuvent se calmer aussi vite qu’ils se sont emballés. Au final, le principal danger aujourd’hui n’est pas une pénurie de gaz, c’est plutôt l’instabilité des prix. On peut donc se donner le luxe d’attendre, même si, selon Sudinfo, les contrats hybrides (à savoir avec une partie du prix fixe, quand l’autre est variable) sont toujours plus populaires. Un compromis à la belge !