Le dossier Gérald Hibert est loin d’être anecdotique ! On parle ici d’un acteur majeur de l’immobilier commercial belge, actif à Bruxelles mais aussi en France, avec une centaine à 120 biens selon les estimations, et un portefeuille valorisé autour de 1,5 milliard d’euros.

Dans cette galaxie immobilière, on retrouve des actifs très visibles, notamment autour de l’avenue Louise, des Galeries Louise et du complexe Toison d’Or, où se trouvent des enseignes emblématiques comme Apple !
Ce qui rend l’affaire si lourde, c’est le décalage entre la valeur des murs et la montagne de dettes. Le groupe traîne une charge qui frôle le milliard d’euros, avec environ 450 millions exposés auprès de grandes banques belges. À cela s’ajoutent d’autres financements privés et une structure devenue beaucoup trop sensible à la hausse des taux ! En clair : un empire bâti sur la dette, dans un marché qui a soudain arrêté d’être aimable…
Pourquoi tout s’est grippé
Plusieurs causes reviennent dans les différents récits du dossier. D’abord, la crise sanitaire a affaibli la fréquentation des commerces. Ensuite, la progression du e-commerce a rogné le modèle des grands emplacements commerciaux. Enfin, et surtout, la hausse des taux d’intérêt a fait très mal à un groupe dont une partie importante de la dette n’était pas suffisamment protégée contre ce choc. Le refinancement annoncé en janvier 2026, à hauteur de 330 millions d’euros, n’a finalement pas abouti.
À la mi-mars 2026, une partie du groupe a été placée sous administration provisoire, avec la désignation de l’avocat Roman Aydogdu par le Tribunal de l’entreprise francophone de Bruxelles. Quelques semaines plus tard, cet administrateur a décidé de citer en faillite plusieurs sociétés du groupe, dont Sogefibel, la structure centrale… Nous en saurons plus le 20 avril, lorsque le tribunal décidera de prononcer ou non, la mise en faillite…