Voilà une déclaration qui n’est pas passée inaperçue. A Madrid, comme partout en Espagne, le sujet de l’accessibilité au logement est sur de nombreuses lèvres. Et une phare choc de la porte-parole de Más Madrid fait actuellement le buzz sur la toile…

« Plus de 10 maisons ? Il faut noyer les propriétaires sous les impôts et les exproprier ! » Voilà une phrase choc ! Elle provient d’un échange sur la crise du logement et les loyers dans la région madrilène. Manuela Bergerot intervenait comme porte-parole de Más Madrid, parti régional de gauche, face au gouvernement régional dirigé par Isabel Díaz Ayuso, du Parti populaire.
Le logement, un vrai défi !
Partout en Espagne, le logement est devenu l’un des sujets les plus sensibles du débat public : loyers élevés, jeunes ménages coincés, accès à la propriété de plus en plus difficile et sentiment que certains accumulent pendant que d’autres comptent les fins de mois.
C’est dans ce contexte que Manuela Bergerot, porte-parole de Más Madrid à l’Assemblée régionale, a lancé une formule qui n’a pas vraiment été pensée pour passer inaperçue. Selon Europa Press, elle a affirmé que « personne ne devrait avoir dix maisons » et qu’il faudrait « taxer lourdement » les propriétaires concernés, voire les exproprier. Elle a aussi cité le chiffre de 10.000 propriétaires dans la région madrilène possédant dix logements ou plus.
Pour vous donner un peu de contexte, Más Madrid est une formation politique régionale madrilène, située à gauche, qui se présente comme verte, féministe et attachée à la justice sociale. Le parti est donc en opposition avec le gouvernement régional dirigé par Isabel Díaz Ayuso, figure du Parti populaire, la droite espagnole.
Pourquoi les multipropriétaires cristallisent les tensions
Le cœur du problème est simple: quand le marché locatif devient tendu, chaque logement compte. Dans une ville où beaucoup de ménages peinent à se loger, voir certains propriétaires accumuler plusieurs appartements devient politiquement explosif. Le propriétaire bailleur devient, aux yeux d’une partie de l’opinion, le symbole d’un marché qui privilégie la rente plutôt que l’usage.
Más Madrid veut d’ailleurs aller plus loin que la déclaration politique. La formation a aussi défendu l’idée d’un IBI progressif, l’équivalent espagnol d’un impôt foncier local, afin que les grands détenteurs et certaines entreprises propriétaires paient davantage. La proposition viserait notamment les propriétaires disposant de plusieurs logements et laisserait une marge d’application aux communes. Juste ou trop extrême ? On attend vos commentaires sur nos réseaux sociaux !