Dans l’immobilier, une règle simple se vérifie souvent : dès qu’une taxe bouge, le marché fait de même. À Biarritz, la surtaxe sur les résidences secondaires devait envoyer un signal clair aux propriétaires de logements peu occupés. Résultat : le signal est bien passé… Avec un effet boomerang inattendu !

Depuis 2023, en France, la taxe d’habitation a disparu pour les résidences principales, mais elle reste due sur les résidences secondaires. En zone tendue, les communes peuvent voter une majoration comprise entre 5 % et 60 % ! Biarritz applique justement le taux maximal de 60 % depuis 2021.
Le million d’euros qui fait tousser
Selon Le Figaro Immobilier, la ville aurait perdu 750.000 euros de recettes fiscales après une… baisse du nombre de logements déclarés comme résidences secondaires ! À cela s’ajouterait un effet indirect lié à la loi SRU, à savoir celle qui calcule les obligations de logement social sur les résidences principales : plus de résidences principales déclarées signifie plus de pression et environ 250.000 euros de pénalités supplémentaires évoquées dans le débat local. Addition : un million d’euros. Pas sûr que la tombola municipale comble le trou !
Le mécanisme est assez limpide. Si un propriétaire déclare son logement biarrot comme résidence principale, il échappe à la taxe d’habitation sur les résidences secondaires. Bien entendu, si cette déclaration ne correspond pas à la réalité, on ne parle plus d’astuce fiscale mais de fausse déclaration… Mais bon, encore faut-il que les contrôles soient suffisants…
Un marché déjà sous tension
Rappelons toutefois que Biarritz n’est pas une ville ordinaire : en 2022, les résidences secondaires représentaient 40,7 % du parc de logements, contre 57,1 % de résidences principales. Autrement dit, près d’un logement sur deux ne servait pas d’habitat permanent ! Et aujourd’hui ? Certaines rumeurs parlent de 5.000 résidences déclarées comme principales… qui sont en fait des résidences secondaires !
Bref, la fiscalité seule ne suffit pas à fabriquer du logement à l’année. Elle peut rapporter, décourager, irriter, parfois déplacer le problème… Voir aller jusqu’à mettre les finances de la commune en péril !