Maison en zone inondable : devez-vous déménager ?

Après les violents orages du 30 mai, les questions fusent, notamment sur les biens en zone inondable. Et maintenant ?

Les orages du 30 mai ont tristement rappelé ceux de 2021, sans toutefois l’horrible bilan humain. Il n’en reste pas moins que de nombreux biens sont exposés à des risques d’inondation, et pas uniquement ceux installé en bord de rivière !

Votre maison est située en zone inondable ? Dès lors, que risquez-vous ? Serez-vous condamné à déménager ? Pourrez-vous revendre votre maison ?

Être situé en zone inondable ne signifie pas que votre maison devient inhabitable du jour au lendemain! Cela veut dire que le bien se trouve dans une zone identifiée comme exposée à un aléa : débordement de cours d’eau, ruissellement, accumulation d’eau… En Wallonie, la carte de l’aléa d’inondation sert de référence pour évaluer ce risque.

Serez-vous exproprié ?

Pas automatiquement. En Belgique, une expropriation ne peut pas se décider parce qu’une rue a pris l’eau un soir d’orage. Elle doit répondre à un objectif d’utilité publique, suivre une procédure et donner lieu à une juste et préalable indemnité. En Wallonie, la procédure prévoit notamment une phase administrative, une tentative de cession amiable et, si nécessaire, une phase judiciaire.

Dans les zones très exposées, les pouvoirs publics peuvent envisager des rachats ou des projets de réaménagement, surtout lorsque les dégâts se répètent et que la sécurité devient un vrai sujet. Mais on parle alors de décisions ciblées, pas d’une évacuation générale de tous les propriétaires vivant en zone bleue ou rouge sur une carte.

Pourrez-vous revendre votre maison ?

Oui. Une maison en zone inondable peut se vendre. Les notaires doivent informer les futurs acquéreurs sur la situation d’un terrain ou d’un bien par rapport à l’aléa d’inondation. Cela ne bloque pas la vente, mais cela impose de la transparence et bien sûr sur le prix, l’impact peut être réel : un bien exposé, non adapté, avec caves régulièrement inondées, se négociera plus difficilement qu’une maison similaire située au sec….

L’acheteur voudra évidemment savoir si l’eau est déjà entrée, à quelle hauteur, combien de fois et quelles protections ont été installées. Le bon réflexe ? Constituer un dossier rassurant : photos des travaux, clapets anti-retour, rehaussement des prises, pompe de relevage, matériaux résistants à l’eau, historique des sinistres et attestations.

Et votre assurance dans tout ça ?

Les assurances habitation de type incendie – risques simples couvrent obligatoirement les catastrophes naturelles, dont les inondations, les débordements d’égouts publics, les glissements de terrain et les tremblements de terre.

Cela ne veut pas dire que tout est remboursé les yeux fermés, avec un gros virement à la clé ! L’assureur examinera le contrat, la cause des dégâts, les exclusions éventuelles, la vétusté, la franchise et les mesures prises après le sinistre. Les dommages directs à l’habitation sont en principe couverts ; les dégâts aggravés par un manque d’entretien ou une absence de réaction peuvent être discutés.

Attention aussi aux nouvelles constructions dans des zones reconnues comme potentiellement inondables : dans certains cas, l’assureur peut refuser la couverture des catastrophes naturelles pour ce risque précis. Les habitations déjà existantes bénéficient généralement d’une protection plus solide.

Que faire après un gros orage ?

Déclarez rapidement le sinistre, prenez des photos avant de nettoyer, conservez les factures, listez les biens touchés et ne jetez rien d’important sans preuve. Prévenez aussi la commune si l’inondation vient d’un égout, d’un avaloir bouché ou d’un ruissellement massif.

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