Pompe à chaleur vs chaudière gaz : l’arrière-garde a-t-elle de beaux restes ?

Face au gaz, la pompe à chaleur coche la case climat. Et côté portefeuille ? Le verdict actuel de la CREG est plus nuancé.

Hand turning the control knob on a white wall-mounted gas boiler, with pipes visible below, representing residential heating systems and everyday energy management at home.

Sur papier, la pompe à chaleur a tout pour séduire : elle consomme peu d’électricité pour produire beaucoup de chaleur, elle réduit l’usage des énergies fossiles et elle colle plutôt bien à l’air du temps. Et en plus, elle profite d’une TVA réduite ! Mais lorsqu’on parle de rentabilité immédiate, la CREG apporte une autre réponse…

Dans son étude, le régulateur compare le coût du chauffage via une pompe à chaleur avec celui d’une chaudière au gaz naturel, en tenant compte du prix de l’énergie, des coûts d’investissement, de l’entretien, des rendements, de la TVA et des primes éventuelles. Résultat : dans le scénario actuel de référence, une pompe à chaleur air-eau n’est pas automatiquement rentable face au gaz sans aide ou mesure fiscale supplémentaire !

Le problème, c’est le prix de l’électricité

Le cœur du calcul repose sur le ratio entre le prix de l’électricité et celui du gaz. Plus ce ratio est bas, plus la pompe à chaleur devient intéressante. Or, aujourd’hui, l’électricité reste nettement plus chère que le gaz par kWh !

La CREG retient, pour le chauffage, un prix moyen de l’électricité de 32,8 c€/kWh à Bruxelles, 35,1 c€/kWh en Wallonie et 27,6 c€/kWh en Flandre. Pour le gaz, on est plutôt autour de 8,6 c€/kWh à Bruxelles, 9,7 c€/kWh en Wallonie et 8,4 c€/kWh en Flandre. Même si une pompe à chaleur transforme un kWh électrique en plusieurs kWh de chaleur, l’écart reste difficile à absorber !

Le rendement change tout, mais pas encore assez

La CREG distingue notamment deux niveaux de performance : un SCOP de 2,9, représentatif d’installations actuelles moyennes, et un SCOP de 3,6, correspondant à une pompe à chaleur plus efficace. Plus le SCOP est élevé, plus la machine produit de chaleur pour chaque kWh consommé.

Mais même avec une bonne performance, le constat reste clair : sans primes, sans tax shift et sans prix carbone significatif, la rentabilité face au gaz reste compliquée dans les trois régions.

Verdict : avantage gaz, mais sursis probable

Aujourd’hui, le chauffage au gaz reste donc souvent plus rentable à court terme. Ce n’est pas une défaite définitive : les politiques vont certainement favoriser toujours davantage la pompe à chaleur, tandis que le gaz reste une énergie fossile, avec tout ce que cela suppose…

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