Cela fait quelques années que nos logements consomment autrement. Et l’évolution va s’accélérer ! Mais le réseau est-il prêt ? C’est la question que l’on se pose un peu partout…

Pourquoi le réseau doit-il évoluer ?
Une pompe à chaleur pour se chauffer, une voiture à brancher au retour du travail, des panneaux sur le toit… Ces équipements changent notre manière de consommer et de produire de l’électricité. La demande augmente, la production aussi, mais il faut que le transport d’électricité suive et que les câbles qui passent sous nos rues soient d’accord !
Dans une publication du 19 octobre, BRUGEL, l’organisme qui régule le marché bruxellois de l’énergie, appelle à mieux préparer cette évolution. Son message : prévoir les besoins suffisamment tôt, mieux gérer les endroits où le réseau risque d’être trop sollicité et préciser qui doit faire quoi.
Quand tout le monde branche sa voiture
Imaginons une rue où plusieurs habitants rechargent leur voiture le soir, alors que les pompes à chaleur tournent et que les repas se préparent. Le réseau doit fournir beaucoup d’électricité au même moment ! C’est cette puissance nécessaire à un instant donné qui compte, pas seulement la consommation totale sur l’année. Et c’est précisément dans ce cas que l’état du réseau inquiète…
Le phénomène peut aussi fonctionner dans l’autre sens : à midi, les panneaux solaires envoient sur le réseau l’électricité qui n’est pas consommée sur place. Selon les installations et le quartier, cela peut créer des contraintes…
Les spécialistes parlent de congestion lorsque le réseau ne peut pas faire passer toute l’électricité demandée ou produite à un endroit et à un moment donnés. Le réseau a donc, lui aussi, ses heures de pointe !
Bruxelles prépare déjà la suite
Le réseau bruxellois est-il saturé ? Sibelga, qui gère les réseaux de distribution à Bruxelles, indique qu’il est suffisamment dimensionné pour les besoins actuels. L’enjeu est d’anticiper leur évolution. BRUGEL souligne toutefois que certaines parties du réseau de transport d’Elia connaissent déjà des contraintes. Celles-ci peuvent limiter certains raccordements à Bruxelles, même si le réseau local dispose encore de marges.
Il faut donc renforcer certaines infrastructures, mais aussi mieux répartir les usages. Une voiture qui reste garée toute la nuit n’a pas forcément besoin de se recharger à pleine puissance dès 18 heures !
Une borne intelligente peut, par exemple, ralentir la recharge lorsque les autres appareils du logement consomment beaucoup. Sibelga recommande de choisir une puissance adaptée aux besoins réels. La borne la plus puissante du catalogue n’est donc pas automatiquement la plus pertinente pour votre garage !
En appartement, il faut penser collectif
Dans une copropriété, le sujet mérite une discussion avec le syndic avant que chacun commande sa borne. Le branchement de l’immeuble doit en effet pouvoir supporter l’ensemble des usages !
Sibelga prévoit une approche collective pour les immeubles comprenant plus de trois places de parking. Un système peut notamment répartir la puissance disponible entre les voitures branchées. L’installation doit aussi tenir compte des futurs utilisateurs : mieux vaut prévoir l’arrivée d’autres véhicules électriques que recommencer les travaux à chaque nouvel achat.