Entre exigences plus strictes et endettement accru, le crédit hypothécaire demande un profil de plus en plus irréprochable, rapporte l’ASBL Financité.

Si le Belge a toujours une brique dans le ventre, accéder à un crédit hypothécaire n’a jamais demandé autant d’équilibre financier. Le Rapport sur l’Inclusion Financière 2025 de l’ASBL Financité met en lumière une série de tendances qui compliquent la tâche des emprunteurs, même les plus motivés.
Un marché du crédit sous tension
Au 30 juin 2025, 3,067 millions de personnes détenaient un crédit hypothécaire. La demande reste forte, mais les conditions se sont durcies.
Les défauts de paiement diminuent… mais le risque augmente
Le taux de défaut est tombé à 2,7 %, ce qui semble positif. Cependant, la dette globale des ménages continue de croître, laissant planer des inquiétudes : « Si la Belgique devait connaître un retournement économique […], de nombreux ménages se trouveraient en difficulté ». Autrement dit, le crédit hypothécaire belge fonctionne tant que tout va bien !
Des durées de prêts allongées pour absorber la hausse des coûts
Pour rester éligibles, les ménages allongent leurs emprunts à 25 ou 30 ans, une durée devenue presque banale. Le rapport souligne que la durée est désormais « le principal paramètre permettant d’absorber le coût d’acquisition ». Prolonger la durée permet d’abaisser la mensualité, mais augmente le coût total. Pour beaucoup, c’est aujourd’hui la seule façon d’acheter.
Apports personnels et quotités : le mur invisible
Les banques exigent désormais un apport plus élevé, une stabilité financière stricte, un historique bancaire sans faille et une quotité limitée, sauf cas exceptionnels. A ce sujet, les crédits sociaux atteignent aujourd’hui une quotité supérieure à la valeur du bien, car ils soutiennent des ménages que le secteur bancaire classique refuse.
En clair, aujourd’hui plus que jamais, le crédit hypothécaire semble réservé aux ménages stables, bien dotés en apport, à l’aise avec le numérique, et éventuellement capables d’absorber l’incertitude économique. Pour les autres, l’accès au logement risque de devenir un horizon qui s’éloigne…