En 2025, les jeunes acheteurs étaient de retour sur le marché immobilier belge. Pas plus riches, mais plus stratèges…

Un marché immobilier trop cher, des conditions d’octroi de crédit trop sévères, des taux trop élevés… Les jeunes n’étaient pas à la fête ces dernières années et c’est peu de le dire. Et pourtant, en 2025, les moins de 30 ans ont signé un retour mesuré mais bien réel, surtout du côté des appartements.
Les chiffres du baromètre des notaires montrent une évolution claire : la part des acheteurs de 18 à 25 ans dans l’achat d’appartements est passée de 7 % à 9 % au niveau national. Chez les 26–30 ans, elle grimpe de 16 % à 19 %. Une progression modeste en apparence, mais significative dans un contexte de prix élevés et de crédit plus sélectif.
Pas de miracle financier, mais un changement de stratégie
Non, ce retour n’est évidemment pas lié à une amélioration soudaine du pouvoir d’achat. Les jeunes acheteurs de 2025 ne gagnent pas beaucoup plus qu’en 2022 ! Ils ont surtout changé d’approche…
Fini l’objectif immédiat de la maison familiale. La priorité va à l’appartement, souvent plus petit, parfois à rénover, mais financièrement plus accessible. La localisation évolue aussi : moins de centres-villes premium, plus de communes périphériques bien connectées. Acheter jeune, en 2025, ce n’est plus viser le bien “idéal”, mais le bien possible.
En Flandre, la tendance est encore plus marquée. Le pourcentage d’acheteurs de 18 à 25 ans pour un appartement y est passé de 8 % à 10 %.
Des acheteurs jeunes, mais loin d’être naïfs
Autre évolution notable : le rapport au bien lui-même. Les jeunes acheteurs de 2025 sont souvent mieux informés que leurs aînés au même âge. Ils scrutent les charges, anticipent les travaux et accordent une importance croissante à la performance énergétique. Acheter un logement énergivore n’est plus un simple compromis financier, mais un risque clairement identifié.
Pour Bart van Opstal, porte-parole de Notaris.be, cette évolution s’inscrit dans une tendance plus large : un marché où les acheteurs, jeunes compris, arbitrent davantage sur base de critères objectifs plutôt que sur le seul coup de cœur.
Aides familiales, oui… mais pas systématiques
La question du soutien familial reste centrale, mais elle ne raconte pas toute l’histoire. Si certains jeunes bénéficient d’un coup de pouce, d’autres avancent sans aide directe, en adaptant simplement leur projet : achat plus tardif, apport plus progressif ou achat en couple dès le premier bien. 2025 montre surtout que l’accès à la propriété n’est plus linéaire. Il se construit par étapes, avec parfois un premier achat pensé comme un tremplin, et non comme un aboutissement.
Et puis, bien sûr, il faut évidemment parler des droits d’enregistrement qui jouent un rôle crucial. En effet, ces derniers ne peuvent généralement être empruntés, contrairement au capital. Les droits d’enregistrement ayant baissé, l’apport personnel nécessaire pour acheter un bien est mécaniquement réduit, ce qui a bien entendu, profité aux primo-accédants. Et ce, même si le prix de l’immobilier a augmenté !