Ancien, artisanal, imparfait : le zellige revient sur le devant de la scène déco. On vous en dit un peu plus !

Le zellige n’est, à vrai dire, pas tout récent ! Issu de l’arabe et signifiant petite pierre polie, il désigne une mosaïque de tesselles en terre cuite émaillée, découpées et assemblées une à une à la main. Un travail minutieux où chaque fragment compte.
Contrairement aux surfaces industrielles impeccables, le zellige revendique ses micro-défauts. Légères variations de teinte, arêtes irrégulières, reflets changeants : rien n’est parfaitement aligné, et c’est précisément ce qui le rend vivant !
Un matériau façonné par l’histoire
Le zellige est indissociable de l’architecture islamique et mauresque. Il orne aussi bien des mosquées que des palais ou des demeures privées. Ses origines exactes restent débattues, mais une chose est sûre : il s’inscrit dans une longue filiation qui remonte à la mosaïque romaine et byzantine.
Dès l’Antiquité, la technique de l’assemblage de fragments colorés circule entre la Perse, la Mésopotamie, Rome et Byzance. En Afrique du Nord, la mosaïque est présente très tôt, et les premières céramiques émaillées apparaissent dès le Xe siècle. Le plus ancien ensemble lustré connu se trouve dans la grande mosquée de Kairouan, datée de 862.
C’est toutefois entre les XIIIe et XIVe siècles que le zellige connaît son âge d’or. Il se développe simultanément dans plusieurs régions du Maghreb et de l’Andalousie, sous l’impulsion de dynasties comme les Almohades, Mérinides, Zianides ou Nasrides. La géométrie devient plus complexe, les couleurs plus riches, les compositions plus audacieuses.
Maroc, Algérie, Andalousie : une signature commune, des styles multiples
Si le zellige est souvent associé au Maroc, c’est parce que le pays a porté cet art à un niveau de raffinement exceptionnel. Fès, Meknès ou Tétouan restent aujourd’hui des centres majeurs de production, avec des techniques qui ont très peu évolué depuis des siècles.
En Algérie, notamment à Tlemcen, des ateliers maîtrisaient déjà au XIIIe siècle une géométrie sophistiquée et des nuances chromatiques remarquables. En Andalousie, connu sous le nom d’alicatado, le zellige s’épanouit pleinement dans des ensembles comme l’Alhambra de Grenade.
Pourquoi il séduit à nouveau nos intérieurs
Aujourd’hui, le zellige revient pour de bonnes raisons. Il incarne à la fois l’artisanat, la durabilité et le caractère. En crédence de cuisine, en mur de niche, autour d’une cheminée ou sur du mobilier sur mesure, il apporte du relief là où le mur lisse s’efface. Sa palette contemporaine se fait plus sobre : blancs cassés, verts profonds, bleus nuit, noirs légèrement métallisés. Un choix sympa et original ! Enfin, pour le moment…