Un ancien centre de détention de 8.900 m² cherche repreneur à Caen, dans le Nord de la France. Logements, commerces, mémoire : que peut-on en faire ?

L’ancienne prison de Caen, l’une des plus anciennes de France, est officiellement en vente, rapporte Le Parisien. Fermé depuis décembre 2023, ce centre de détention de 8.900 m², bâti entre 1899 et 1904 sur une parcelle de 18.397 m², attend un nouveau destin.
Son architecture en croix, typique de l’époque, s’articule autour d’une rotonde centrale et de quatre ailes. À l’intérieur : une galerie de 40 mètres, des cellules, des parloirs, des cours de promenade… et un second bâtiment datant de la Seconde Guerre mondiale, ancien quartier des femmes. On a vu plus banal comme opportunité d’investissement…
Que peut-on faire d’une ancienne prison ?
La question est moins farfelue qu’il n’y paraît. L’État impose un cadre strict, mais laisse place à l’imagination…
Des logements (beaucoup)
L’agglomération impose un minimum de 93 logements, dont 28 à 32 logements sociaux. Sur le papier, la transformation en appartements semble évidente : les volumes sont là, la structure aussi. Reste à adapter des cellules conçues pour l’isolement en espaces de vie lumineux. Un défi qui est loin d’être impossible, car d’autres exemples de ce type de transformation se sont déjà vus.
Un lieu mixte : commerces et vie de quartier
Les autorités souhaitent un projet « le plus ouvert possible » sur le quartier. L’idée ? Tourner la page de l’enfermement pour en faire un lieu de passage. On peut aussi imaginer, outre les logements, à des commerces en rez-de-chaussée, des espaces partagés, voire des bureaux. Le site est situé en plein centre-ville, un atout non négligeable !
Une industrie ? Peu probable
Transformer les lieux en site industriel semble en revanche compliqué. En zone urbaine dense, avec un patrimoine à préserver, l’option paraît peu réaliste. Les contraintes techniques et mémorielles limitent fortement les usages lourds.
Un lieu de mémoire à préserver
Impossible d’ignorer l’histoire qui devra rester présente. En juin 1944, 73 résistants et prisonniers politiques y ont été fusillés par les troupes allemandes. Le cahier des charges impose la conservation des courettes où les corps furent d’abord enterrés, ainsi que des plaques commémoratives. La préfecture évoque même « la création d’un espace mémoriel ».
Est-ce courant de vendre une prison ?
En France, plusieurs établissements pénitentiaires ont été fermés ces dernières années, souvent remplacés par des structures plus modernes en périphérie. Les anciens bâtiments, souvent situés en centre-ville, deviennent alors des opportunités foncières stratégiques.
Combien ça peut coûter ?
C’est là que l’affaire devient intéressante. Le prix ne sera pas affiché comme pour un appartement classique. Il dépendra du projet retenu. La Direction générale des Finances publiques évaluera la valeur du bien en fonction de la proposition du candidat : nature du programme, part de logements sociaux, qualité architecturale…
Autrement dit, plus le projet est ambitieux (et compatible avec les attentes publiques), plus il a de chances d’être sélectionné. Le montant final pourrait se chiffrer en plusieurs millions d’euros, compte tenu de la surface et de l’emplacement.