Il y a de nombreuses années, le bien immobilier à plus d’un million d’euros était réservé à un cercle réduit d’individus et concernait généralement une luxueuse villa à la mer ou à Bruxelles, voire, dans les cas extrêmes, un joli domaine en Wallonie. En 2025, il faut bien avouer que la donne a quelque peu changé…

Selon l’analyse publiée par Christie’s International Real Estate Belgium, 2.079 maisons et appartements de plus d’un million d’euros ont changé de propriétaire en Belgique en 2025 ! C’est un record et un cap : pour la première fois, le marché du luxe dépasse les 2.000 transactions annuelles. À côté de cela, le marché résidentiel belge total comptait 156.497 ventes.
Plus vraiment niche, pas encore grand public
Faut-il alors parler d’un marché de masse ? Bien sûr que non : un bien à un million représente évidemment un budget réservé à une minorité ! Mais le mot niche est difficile à justifier. En 2020, on comptait 1.134 transactions à plus d’un million. En 2025, elles sont presque deux fois plus nombreuses. La hausse ne vient pas seulement d’une passion soudaine des Belges pour les piscines intérieures et les dressings XXL ! Elle reflète aussi l’augmentation générale des prix immobiliers. Certains biens familiaux, très bien situés, franchissent désormais le seuil du million sans appartenir au luxe ostentatoire.
Un marché qui se démocratise par le haut
Le million d’euros change donc de statut. Il reste un marqueur de haut de gamme, mais il couvre aujourd’hui des réalités différentes. À Knokke, il peut désigner un appartement très recherché. À Uccle, une maison familiale avec jardin. Dans le Brabant wallon, une villa énergétiquement performante. En Flandre, une propriété de caractère achetée pour le long terme.
Comprenez que le million n’est plus automatiquement synonyme de prestige absolu. Il devient parfois le prix d’entrée dans les meilleures localisations.
Le luxe belge reste prudent
Ce qui change aussi, c’est le comportement des acheteurs. Christie’s souligne que les candidats sont plus critiques : ils regardent l’emplacement, l’état énergétique, la qualité réelle du bien et surtout la justesse du prix.