Les locations touristiques pèsent sur le marché, mais elles ne suffisent pas à expliquer la crise du logement, rapporte une étude publiée par ING Belgium.

Il faut bien avouer que ces derniers temps, Airbnb tient souvent le rôle du méchant idéal. C’est simple : des appartements transformés en mini-hôtels et donc, forcément, moins de logements pour la population locale. D’où des prix qui grimpent ! Pourtant, selon une étude d’ING, le problème serait nettement plus profond que ça… Qui en douterait encore, serait-on tenté d’écrire ? Mais voilà que des chiffres remettent de l’ordre dans nos suppositions…
Bon, soyons honnêtes : l’étude reconnaît bien un effet réel. À Bruxelles, Airbnb retirerait environ 3.000 logements entiers du marché résidentiel classique. À Anvers et Gand, près de 2.000 logements seraient également concernés. Ce n’est pas rien, mais au total, cela représenterait environ… 0,8 % de l’offre locative dans les zones étudiées. Ce n’est donc pas rien, mais ce n’est certainement pas le cœur du problème !
Le marché locatif sous pression
Le succès des plateformes de réservation n’aide évidemment pas. En 2024, plus de 12,2 millions de nuitées ont été réservées en Belgique via des plateformes comme Airbnb, Booking ou Expedia, soit une hausse de 11 % par rapport à 2023. En 2025, le seuil des 10 millions de nuitées était déjà dépassé après les trois premiers trimestres.
Dans le même temps, acheter devient plus difficile avec les taux d’intérêt plus élevés et la hausse des prix immobiliers. Résultat : davantage de ménages restent locataires plus longtemps. ING note ainsi que la part de propriétaires en Belgique est tombée de 72,4 % en 2022 à 70,9 % en 2025. Inutile d’avoir fait Solvay pour comprendre qu’avec une demande en hausse pour la location et des biens qui échappent à ce marché, cela fait forcément grimper les prix…
Construire mieux, pas seulement contrôler plus
La future mise en œuvre complète du règlement européen sur les locations de courte durée devrait permettre aux autorités de mieux identifier les logements illégaux ou non conformes. Selon ING, environ 1.800 logements pourraient ainsi revenir vers le marché résidentiel permanent. C’est utile, mais cela restera insuffisant pour rendre le logement réellement abordable.
Le problème est plus structurel : trop peu de nouveaux logements, des permis lents et complexes, des coûts de construction toujours élevés et des projets parfois mal adaptés aux besoins actuels. La demande augmente surtout pour des logements plus petits, notamment avec la progression du nombre de personnes seules. Or, l’offre ne suit pas toujours cette évolution, rapporte ING ! Bref, Airbnb fait partie du débat, mais le vrai chantier est ailleurs !