Jeudi 17 juin au soir, le prix de l’électricité sur le marché belge de gros devait atteindre son niveau le plus élevé depuis le début de l’année ! Et la raison semble évidente…

Selon Belga, Matthias Detremmerie, du fournisseur Elindus, évoquait un pic proche de 550 euros/MWh à 20h45. La cause immédiate tient en trois mots : chaleur, climatisation, soirée. Avec la canicule du moment, les climatiseurs tournent donc à plein régime.
Le soleil se couche, la facture se lève
Le souci, c’est que ce pic de demande tombe au moment où le photovoltaïque décroche. En pleine journée, les panneaux solaires aident à calmer les prix. Le soir, c’est rideau ! Or la Belgique dépend de plus en plus de cette production : le SPF Économie rappelle que la capacité solaire installée dépassait 11 GW fin 2025, avec des records de production battus au printemps 2026.
Le vent, lui, ne venait pas vraiment sauver la soirée. Quand l’éolien est discret et que le soleil s’éteint, le marché se tourne davantage vers les centrales pilotables, notamment au gaz. Et le gaz reste sous pression : les réserves belges à Loenhout n’étaient remplies qu’à 22 % au 1er juin 2026, contre plus de 70 % à la même période les deux années précédentes !
Une “kühlkraftkrise”, vraiment ?
Le mot peut paraître un peu barbare : kühlkraftkrise, mais il résume une situation de plus en plus courante : une crise de prix provoquée par la climatisation, la chaleur et la faiblesse temporaire des renouvelables. C’est le cousin estival de la dunkelflaute, ces périodes hivernales où il fait sombre, sans vent et où les énergies renouvelables produisent peu.
À cela s’ajoute un contexte belge déjà tendu. En avril et mai 2026, la Belgique a enregistré des niveaux records d’importations nettes d’électricité, notamment à cause de l’arrêt temporaire de Doel 4 et Tihange 3 pour maintenance et modernisation.
Qui va vraiment le sentir ?
Pas tous les ménages belges, heureusement. Les plus exposés sont les clients avec un contrat dynamique, dont le prix suit le marché de gros heure par heure, voire quart d’heure par quart d’heure. Ils peuvent profiter des prix très bas, parfois négatifs, mais aussi encaisser ces pics !