À l’ULB, un bâtiment de 1924 produit désormais sa propre électricité. Mais comment faire sans tout défigurer ?

À première vue, le bâtiment L du campus du Solbosch n’a rien d’une centrale électrique. C’est pourtant ce qu’il est devenu… Ou du moins en partie ! Construit en 1924, l’immeuble de l’Université libre de Bruxelles est désormais coiffé d’une immense canopée accueillant près de 900 panneaux photovoltaïques ! Selon l’ULB, l’installation doit produire environ 235.000 kWh par an, soit l’équivalent de la consommation électrique moyenne de plus d’une centaine de ménages bruxellois… La première phase du chantier, lancée en mars 2025, ne s’est d’ailleurs pas limitée au solaire : la toiture a été isolée, les grandes verrières rénovées et la dalle renforcée. On rappelle au passage que des panneaux sur une passoire n’ont pas beaucoup de sens…
La toiture doit d’abord rester… une toiture
Avant de produire de l’électricité, une toiture doit supporter les charges, rester étanche et remplir correctement son rôle thermique. Sur un bâtiment ancien, l’équation devient rapidement plus délicate : au bâtiment L, cette contrainte a conduit à renforcer la dalle avant de poser la structure métallique. Bref, on retiendra surtout que le photovoltaïque fonctionne mieux lorsqu’il fait partie d’une rénovation globale, plutôt que lorsqu’il est ajouté en fin de parcours !
S’intégrer sans forcément se cacher
Le cas de l’ULB montre aussi qu’intégration architecturale ne signifie pas obligatoirement faire disparaître les panneaux ! Ici, ils prennent place sur une canopée métallique qui surplombe le bâtiment.
La structure remplit même plusieurs fonctions : elle produit de l’électricité, protège la toiture contre les intempéries et doit créer de l’ombre pour une future toiture-jardin. Des citernes capables de récupérer jusqu’à 90 m³ d’eau de pluie et trois zones de bassins d’orage totalisant 60 m³ ont également été prévues.
Faut-il un permis lorsque le bâtiment est aussi ancien ?
Un bâtiment ancien n’est pas automatiquement un bâtiment protégé, mais lorsqu’un immeuble est classé ou inscrit sur une liste de sauvegarde, les possibilités d’intervention se resserrent ! À Bruxelles, les panneaux photovoltaïques peuvent dans de nombreuses situations bénéficier d’une dispense de permis, notamment lorsqu’ils ne sont pas visibles depuis l’espace public ou lorsqu’ils respectent certaines conditions d’intégration à la toiture.
Ces dispenses connaissent cependant des limites à proximité des biens protégés ! Pour un bâtiment classé, les interventions sont soumises à un cadre nettement plus strict ! Pour savoir si la chose est possible ou pas : une seule solution, prendre contact avec l’urbanisme. D’ailleurs, à ce sujet, Bruxelles Environnement prévoit des possibilités de dérogation aux exigences PEB pour des raisons techniques, fonctionnelles, économiques ou liées à la conservation du patrimoine.