À Bruxelles, une réforme annoncée pourrait changer la protection du patrimoine. Ce dernier serait-il en danger ?

Le nouveau gouvernement bruxellois envisage de supprimer l’avis conforme de la Commission Royale des Monuments et des Sites (CRMS).
Concrètement, cet avis contraignant permet aujourd’hui de bloquer ou d’encadrer des projets immobiliers touchant des bâtiments classés ou protégés. Sans lui, certains craignent une porte grande ouverte à des décisions plus… flexibles.
« Un affront au patrimoine » : le ton est donné
Du côté des associations, la réaction est immédiate. Un collectif soutenu par 34 organisations dénonce un « affront au patrimoine » et parle même de « recul historique », comme le rapporte Le Soir.
Selon eux, cet outil agit comme un véritable garde-fou. Il garantit que les intérêts économiques ne prennent pas systématiquement le dessus sur la préservation du passé architectural bruxellois.
Simplifier… ou fragiliser ?
Le gouvernement, lui, avance un autre argument : la simplification administrative. L’objectif affiché est de « déverrouiller le marché immobilier bruxellois ». En clair, accélérer les projets et réduire les blocages.
Mais pour les opposants, la logique est dangereuse. Simplifier, oui, mais pas au prix d’un affaiblissement des protections existantes. Car même si les biens protégés ne représentent que 2 à 3 % du bâti, ils participent fortement à l’identité de la ville.
A noter que cette mesure a un petit air de déjà-vu, puisque ce n’est pas la première fois que l’idée circule. En 2017, une réforme similaire avait été envisagée avant d’être abandonnée.
Face à cette annonce, le collectif « Le patrimoine ça nous regarde » a lancé une pétition. Objectif : faire pression pour maintenir cet outil jugé essentiel.