Rebelote ces derniers jours avec le beau soleil que nous avons eu : les prosumers ont été nombreux à souffrir de décrochages de leur onduleur, avec de fameuses pertes à clé. Mais il y a enfin une bonne nouvelle pour eux ! Enfin, pas pour tout le monde…

Selon Sudinfo, le Gouvernement wallon a adopté un projet d’arrêté instaurant un régime d’indemnisation pour les ménages victimes de décrochages d’onduleurs.
Pour rappel, lorsqu’un onduleur décroche, l’installation photovoltaïque se met automatiquement en sécurité. Pourquoi ? Parce que la tension du réseau est trop élevée. Résultat : les panneaux produisent, mais l’électricité ne peut plus être injectée…
Aujourd’hui, il faut avouer que le Gouvernement fait face à un fameux paradoxe, devant s’expliquer sur ces décrochages, tenter de répondre face aux pertes financières tout en maintenant un signal positif autour du solaire résidentiel…
Une indemnisation proportionnelle aux pertes
Le principe annoncé est assez simple sur papier : l’indemnisation serait proportionnelle à la perte réelle de production. Elle reposerait sur des données mesurables, objectivables, avec un traitement automatisé et une démarche présentée comme simple pour le citoyen.
La ministre wallonne de l’Énergie, Cécile Neven, citée par Sudinfo, insiste sur l’équilibre du dispositif : « Les prosumers ont pris leur part dans la transition énergétique. Il n’était pas normal qu’ils subissent des pertes sans compensation. » Elle évoque un système fondé sur des pertes mesurées et une indemnisation proportionnelle.
Les détails pratiques devront encore être confirmés, car le texte n’en est qu’à la première lecture. La Wallonie précise elle-même que la date d’entrée en vigueur et les modalités finales restent à confirmer.
Le compteur communicant devient la clé du dossier
Il y a toutefois une condition centrale : seules les installations équipées d’un compteur communicant pourront bénéficier du futur régime. Le Gouvernement justifie ce choix par la nécessité de mesurer les pertes de manière fiable, vérifiable et uniforme à grande échelle. Sans données précises, difficile d’indemniser sans ouvrir la porte aux contestations…
La CWaPE rappelle d’ailleurs que le compteur communicant permet notamment de disposer d’historiques par quart d’heure, de mesurer séparément prélèvement et injection, et qu’il constitue aujourd’hui le meilleur moyen pour un gestionnaire de réseau de détecter les décrochages d’onduleurs. Mais évidemment, ils constituent une perte pour de nombreux prosumers…
Le déploiement avance : la Wallonie vise une couverture complète d’ici 2029, et tout citoyen peut demander l’installation d’un compteur communicant, avec un placement annoncé dans un délai de quatre mois.
Un symptôme d’un réseau sous pression
Cette indemnisation ne soigne que les symptômes ! Le problème de fond reste la capacité du réseau à absorber une production solaire de plus en plus importante, surtout lors des journées très lumineuses où la consommation locale ne suit pas. Et ça, c’est une toute autre limonade…