Voilà un dossier qui peut avoir des conséquences très concrètes jusque chez nous ! La Commission européenne a présenté le 9 septembre 2026 une proposition destinée à offrir davantage de sécurité juridique aux autorités qui veulent agir contre la pénurie de logements abordables. Et dans le viseur figurent notamment les locations touristiques de courte durée proposées sur des plateformes comme Airbnb ! On vous explique ?

L’enjeu n’est pas mince : selon la Commission, plus de la moitié des habitants des villes européennes considèrent désormais le logement comme un problème immédiat et urgent ! Paris, Barcelone ou Venise ont déjà adopté leurs propres restrictions. Mais cette mosaïque de réglementations locales a entraîné de nombreux conflits juridiques… La Commission veut donc établir un cadre européen permettant aux villes de savoir jusqu’où elles peuvent aller !
Pas question d’interdire Airbnb partout
Non, Bruxelles ne prépare pas une interdiction européenne d’Airbnb. Le principe est plus subtil : les autorités locales pourraient prendre des mesures lorsque la situation du logement le justifie, mais elles devraient pouvoir démontrer l’existence d’un problème réel.
Comment ? Parmi les indicateurs évoqués figurent notamment le rapport entre prix immobiliers et revenus, l’évolution des prix sur une période longue ou encore la pénurie de logements disponibles. Les restrictions devraient être proportionnées et limitées aux territoires concernés.
Autrement dit, une station touristique sous forte pression pourrait théoriquement appliquer des règles différentes d’une commune rurale où les locations saisonnières ne perturbent pratiquement pas le marché résidentiel.
Et en Belgique ?
Bruxelles connaît déjà des règles spécifiques concernant l’hébergement touristique, tandis que plusieurs villes et communes s’interrogent sur la multiplication des logements proposés en location de courte durée. Le futur cadre européen pourrait donc donner davantage de sécurité juridique aux pouvoirs publics souhaitant intervenir lorsque des logements quittent durablement le marché locatif traditionnel.
Cela pourrait aussi concerner certains propriétaires : transformer un appartement en hébergement touristique peut sembler financièrement séduisant sur le papier, mais l’époque où il suffisait de publier quelques photos et un tarif sur une plateforme est déjà largement révolue. Et d’ailleurs, l’affaire est souvent loin d’être rentable…
Dès lors, comment réguler ? Les autorités peuvent tirer plusieurs ficelles : enregistrement, urbanisme, fiscalité, sécurité incendie et règles régionales peuvent entrer en jeu.
Mais au fond, Airbnb fait-il vraiment monter les prix ?
C’est là que les positions divergent ! Les villes confrontées au surtourisme estiment qu’une concentration importante de locations touristiques réduit l’offre résidentielle et contribue à faire grimper les loyers.
De son côté, Airbnb répond évidemment que ce n’est pas de leur faute et que le problème est avant tout une insuffisance de nouveaux logements. Bref, les locations touristiques ne constituent pas la cause principale de la crise.
Cela dit, si vous voulez notre avis, les deux avis ne sont d’ailleurs pas nécessairement incompatibles : une ville peut manquer structurellement de logements tout en voyant une partie de son parc existant basculer vers le tourisme ! Bref, Airbnb n’est pas forcément la cause principale, mais elle enfonce le clou !
Rien ne change demain matin
Concrètement ? Cette proposition doit être examinée par les États membres et le Parlement européen. En clair, pas question donc d’imaginer une nouvelle interdiction applicable dès cet automne. Mais ce qui est intéressant, selon nous, c’est le changement politique : le logement abordable est désormais traité comme un problème nécessitant également une réponse européenne.