Abattre une cloison, remplacer une toiture, refaire une isolation… Dans un bâtiment ancien, ces travaux peuvent mettre au jour de l’amiante… Ce qui pourrait évidemment inquiéter les propriétaires bruxellois ! Pour mieux suivre l’amiante, Bruxelles prépare une plateforme numérique. Mais les précautions à prendre existent déjà !

Selon des estimations de 2017, rappelées par la secrétaire d’État Ans, 80 à 90 % des bâtiments bruxellois pourraient contenir de l’amiante ! Ce chiffre concerne aussi bien les bâtiments privés que publics.
Où se cache l’amiante ?
Allez, un petit rappel : l’amiante désigne des fibres minérales autrefois appréciées pour leur résistance, notamment à la chaleur. Elles ont été incorporées à de nombreux matériaux de construction. Dans un bâtiment construit avant 1998, on peut ainsi en retrouver dans certaines ardoises, plaques ondulées, cloisons, dalles de sol ou colles, mais aussi autour des tuyaux de chauffage, voire dans des joints de chaudière.
Attention : l’aspect d’un matériau ne suffit généralement pas à savoir s’il contient de l’amiante ! Deux plaques très semblables peuvent avoir des compositions différentes. Une analyse en laboratoire est parfois nécessaire…
Faut-il tout enlever ?
Non ! Enfin, du moins, pas systématiquement. Le danger vient surtout des fibres libérées dans l’air puis respirées, qui peuvent provoquer de graves maladies, dont des cancers. Bien entendu, percer, poncer, casser ou découper un matériau amianté peut justement disperser ces fibres.
Un matériau intact, dont les fibres restent solidement emprisonnées, peut parfaitement être conservé sous surveillance ! L’enlever sans précautions peut présenter davantage de risques que le laisser en place !
L’amiante dit « friable » demande une vigilance particulière : ses fibres se détachent plus facilement. On peut notamment en trouver dans certains anciens isolants entourant les canalisations. Bref, il est crucial de savoir à quoi on a affaire et ce qu’il convient de faire…
Ce qui changera en 2027 ?
Bruxelles prévoit une plateforme numérique pour enregistrer et centraliser les inventaires amiante. Ces documents indiquent où se trouvent les matériaux concernés. L’objectif est de mieux suivre les bâtiments et d’obtenir des chiffres actualisés.
Sa mise en service est envisagée en 2027. Une révision de la réglementation est également en préparation, avec un premier projet attendu en début d’année prochaine. Cela ne veut donc pas dire que les propriétaires concernés devront désamianter leur habitation dans les plus brefs délais !
Avant les travaux, 4 réflexes
1. Faire repérer les matériaux concernés. Bruxelles Environnement précise qu’un inventaire amiante est déjà obligatoire avant les travaux de rénovation ou de démolition. Ce repérage permet d’identifier les matériaux que le chantier pourrait endommager.
2. Confier les prélèvements à une personne compétente. Évitez de casser vous-même un morceau « pour vérifier ». Un professionnel peut organiser le repérage et les analyses en limitant la dispersion des fibres.
3. Prévoir le retrait avant le chantier si nécessaire. Les matériaux amiantés que les travaux risquent d’abîmer doivent être retirés au préalable, dans les règles. Une déclaration ou un permis d’environnement peut être nécessaire selon l’intervention !
4. Anticiper le budget. Demandez un devis précisant le repérage, les analyses et, si nécessaire, le désamiantage et l’évacuation des déchets. Mieux vaut intégrer ces postes avant de fixer le calendrier de rénovation…