Bruxelles encadre les loyers, les pros de lâimmobilier crient Ă lâinjustice⊠direction la Cour constitutionnelle.

Depuis le 1er mai, Bruxelles applique une ordonnance encadrant les loyers. Objectif : permettre aux locataires de vĂ©rifier la âjustesseâ de leur loyer grĂące Ă une grille indicative. ProblĂšme : cette grille, et on lâa testĂ©e pour vous, est Ă la fois obsolĂšte et juridiquement floue. RĂ©sultat : plusieurs fĂ©dĂ©rations du secteur immobilier veulent faire annuler la mesure.
Parmi les plaignants, on trouve lâUPSI-BVS, Embuild Brussels, le CIB, le SNPC-NEMS, Federia, ainsi que les patrons de BECI et UCM. Tous dĂ©noncent une atteinte disproportionnĂ©e au droit de propriĂ©tĂ©. Selon eux, cette rĂ©glementation apporte plus de confusion que de solutions.
âLa mesure qui part d’une bonne intention a pour consĂ©quence une rĂ©duction du nombre de logements et une explosion des prix, en plus d’un ralentissement des investissements et d’une dĂ©tĂ©rioration des conditions de logement. Cette politique touche en premier les locatairesâ, alerte Katrien Kempe (UPSI-BVS). "D’aprĂšs la grille de loyers utilisĂ©e, 50% des nouveaux baux conclus sont juridiquement considĂ©rĂ©s comme abusifs" affirment les plaignants, relayĂ©s par Belga.
Autant dire que le marchĂ© locatif bruxellois est sur des braises. Et ce nâest pas la notion nĂ©buleuse de âfacteurs de confort substantielsâ â non dĂ©finie dans lâordonnance â qui va calmer les esprits.
La Cour constitutionnelle devra trancher : mesure protectrice pour les locataires ou frein Ă©conomique pour le marchĂ© immobilier ? En attendant, le secteur sâinquiĂšte dâun effet boomerang, avec une offre en baisse et une tension croissante sur les loyers.